GHISLAIN
POIRIER:
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NOUVEAUS
VISAGES: GHISLAIN POIRIER
by Nicolas Titttley
"J'essaie
de sortir du pattern", se plaît à répéter
le compositeur Ghislain Poirier. En effet, rien de bien ordinaire
dans le parcours de ce peintre fana de hip-hop, qui s'est lancé
dans la production d'électro minimale avec son album
Il n'y a pas de Sud, paru l'an dernier. Pas banal parce que
le disque en question, un chaleureux ramassis de sonorités
analogiques, est paru sur la très austère et cérébrale
étiquette new-yorkaise 12k. Parce que Poirier, musicien
autodidacte, délaisse la froideur du numérique
pour des sonorités plus chaudes et imparfaites. "J'utilise
un logiciel qui n'est même pas fait pour la musique et
il y a souvent une espèce de décalage dans mes
compos; les kicks sont souvent à côté du
temps, et les échantillonnages que j'emploie proviennent
de disques des années 60 et 70, qui sont bourrés
d'imperfections sonores. Ça apporte une chaleur, un côté
plus humain."
Ne
vous attendez pas à découvrir des constructions
faciles (en fait, les progressions rythmiques sont très
lentes chez Poirier). "J'ai longtemps cru que ce qui m'attirait
dans la musique électronique, c'était le beat;
mais en réécoutant mes classiques, je me suis
rendu compte que c'était la mélodie qui m'accrochait."
De la mélodie, on devrait en trouver en abondance dans
Sous le manguier, son deuxième album, qui devrait paraître
à la fin de l'été sur intr_version, l'étiquette
de son ami Mitchell Akiyama; et un troisième disque verra
peut-être le jour peu après. En attendant, on pourra
apprécier Ghislain live lors de la soirée Africa/America,
présentée à la SAT le 20 avril.