Moskitoo

Mitosis

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REVIEW: ETHEREAL (FR)

Sa participation sur l’album live Tasogare : Live In Tokyo début 2011 l’avait déjà laissé augurer : Moskitoo est capable d’évoluer dans des contrées éloignées de l’electronica-pop qui prédominait au moment de son premier album. Paru en 2007, celui-ci ne nous avait guère intéressés, survenant à la suite de nombreuses autres publications de jeunes femmes japonaises posant leurs voix sur des mélodies graciles. Comme pour le témoignage de son concert tokyoïte, Mitosis, second album de la Japonaise, fait le choix de convoquer des matériaux instrumentaux plus acérés et plus pointus (petits glitches, parcelles sonores, brefs grésillements) et de travailler de manière plus fragmentée ses compositions.

Si son timbre est toujours présent, Sanae Yamakasi n’en fait plus du tout la composante centrale de ses morceaux, préférant se concentrer sur les autres éléments et ramenant sa voix à la même hauteur que ces autres éléments. Ainsi en est-il, par exemple, dans les réussis "Fluctuations" et "Fungi," tout en grâce discrète. Précisément, il s’agit là d’un des points forts de ce nouvel album : la capacité de Moskitoo à agir dans la retenue, sans pour autant verser dans le contrôle apprêté ; bon moyen de contrebalancer le caractère inoffensif stigmatisé au moment de la recension de Drape.

Dans le même mouvement, sont délaissés les instruments (orgue, piano-jouet, mélodica) au profit de composants électroniques, très largement majoritaires, même si demeure par endroits une guitare acoustique ("Night Hike"). Au total, ce second effort se fait nettement plus pertinent que son prédécesseur, confirmant que le temps écoulé (six ans entre les deux disques) et les expériences vécues dans l’intervalle par la jeune femme (intervenant notamment en tant que plasticienne) ont eu un effet bénéfique.
Moskitoo
Mitosis