Minamo

Duree

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REVIEW: D-SIDE (FR)

S‘ils ont toujours utilisé, dans une certaine mesure, des instruments acoustiques dans leurs compositions électroniques, jamais les Japonais de Minamo ne l’avaient fait avec autant d’amplitude que Durée, qui tourne bien plus autour des guitares, de l’accordéon, de l‘harmonium et des percussions que de l’électronique proprement dite, les sons synthétiques eux-mêmes provenant de synthétiseurs analogiques passés à travers des pédales d’effets pour guitares. Il en résulte que Durée, qui s’inspire de la théorie de la “pure durée” de Bergson, qui de la conscience comme un flux constant, est le plus organique enregistré à ce jour par le quatuor, qui déclare avoir enfin trouvé le son qu’ils cherchaient à atteindre. Improvisé en studio au cours de longues sessions, conformément au principe du flux de conscience, puis édité ultéripurement, Durée est un album libre et inventif, flottant comme une encre zen et pourtant bien présente, physique. En réduisant la place du numérique, du clic anonyme dans sa musique, Minamo (à l’instar par exemple de Tape, avec qui ils ont collaboré il y a trois ans) a replacé l‘humain au cœur de son monde musical. Ce ne sont plus les androïdes qui rêvent de moutons électriques, mais nous-mêmes qui les comptons pour nous endormir.
Jean -François Mitard
Minamo
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